La grippe aviaire se répand : Voici ce qu’il faut surveiller

En 2015, nous avons suivi l’épidémie de grippe aviaire survenue aux États-Unis et au Canada. Cinquante millions d’oiseaux furent tués pour empêcher la propagation du virus, et les éleveurs de volaille ne purent reconstituer leur cheptel qu’à la fin de 2015.

L’épidémie en Europe

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a exprimé sa préoccupation face à un pic important de grippe aviaire hautement pathogène en Europe.

Le nombre de cas de H5N8 hautement pathogène a augmenté de près de 75 % entre décembre 2016 et janvier 2017, avec des épidémies confirmées au Royaume-Uni et dans 17 autres pays européens. Le département britannique de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales (Department for Environment, Food and Rural Affairs, Defra) a confirmé que la dernière épidémie impliquait la même souche de grippe aviaire H5N8 que celle des épidémies précédentes au Royaume-Uni et que celle de 761 épidémies dans 18 pays à travers l’Europe.

Près de 1,6 million de volailles ont été abattues à cause du virus en Europe. Il en est résulté d’énormes pertes financières pour les producteurs dans les pays affectés.

Pour souligner l’ampleur potentielle des épidémies de grippe aviaire, en Corée du Sud le gouvernement a ordonné l’abattage de plus de 33 millions de volailles depuis le premier cas signalé en novembre dernier, pour un coût estimé pour le secteur à 400 millions USD (et qui est appelé à augmenter).

Comment la grippe aviaire se propage

La grippe aviaire se propage d’oiseau à oiseau par contact direct ou par des déjections et fluides corporels contaminés. La maladie peut se propager :

  • entre oiseaux vivant dans le même environnement ;
  • par des oiseaux sauvages (les oiseaux aquatiques, en particulier les canards, peuvent être porteurs de la maladie sans subir de mortalité et sans montrer de signes cliniques, surtout si elle est faiblement pathogène) ;
  • directement par des oiseaux infectés vers des oiseaux réceptifs ;
  • par des humains, véhicules ou matériels contaminés par les fluides corporels et les déjections d’oiseaux infectés ;
  • par des animaux sauvages ou des rongeurs contaminés par les déjections d’oiseaux infectés.

La grippe aviaire elle-même

On demande de plus en plus aux éleveurs et aux assureurs de prendre en charge ce risque

La grippe aviaire est une maladie qui peut affecter les volailles, et bien qu’elle soit typiquement une maladie exotique en Europe, elle est considérée comme endémique en Asie.

Certaines maladies endémiques et exotiques sont zoonotiques, ce qui signifie qu’elles peuvent se transmettre entre animaux et humains. La grippe aviaire peut muter pour devenir zoonotique, c’est pourquoi elle suscite tant d’inquiétude au point de vue de la santé publique.

Il existe deux types de grippe aviaire :

  1. La grippe aviaire hautement pathogène (Highly pathogenic avian influenza, HPAI) est le type le plus grave, et elle est souvent mortelle chez les oiseaux.
  2. La grippe aviaire faiblement pathogène (Low pathogenic avian influenza, LPAI) est habituellement moins grave et peut causer des problèmes respiratoires légers. La gravité de la LPAI dépend du type d’oiseau et des autres maladies dont il pourrait être porteur.

En Europe, si un groupe d’oiseaux se révèle infecté par la grippe aviaire, les gouvernements exigent leur abattage immédiat. L’indemnisation par l’État est limitée et pourrait encore se réduire si les épidémies continuent en raison de l’exposition potentielle. On demande de plus en plus  aux éleveurs et aux assureurs de prendre en charge ce risque.

Pourquoi nous en préoccuper ?

Les épidémies de maladies exotiques représentent une menace importante pour l’élevage, les communautés rurales, les gardiens d’animaux et l’économie dans son ensemble

En dehors des énormes pertes financières potentielles pour les éleveurs, gouvernements et assureurs, le risque que créerait pour les humains une maladie zoonotique, avec la possibilité que le virus de la grippe aviaire se recombine avec les virus de la grippe humaine, est réel.

Un plan de traitement des risques est une exigence dans toute l’Union européenne, afin de gérer les maladies exotiques, à déclaration obligatoire, chez les animaux. Les gouvernements ont le pouvoir d’abattre (tuer) des animaux afin de contrôler la propagation de certaines maladies animales.

Les épidémies de maladies exotiques représentent une menace importante pour l’élevage, les communautés rurales, les gardiens d’animaux et l’économie dans son ensemble.

D’importants taux de mortalité aviaire, à hauteur de 80 % en 24 heures dans les troupeaux infectés, sont constatés communément.

Si un vétérinaire a signalé un soupçon de forte probabilité de grippe aviaire, le gouvernement peut abattre les oiseaux et éliminer les œufs avant même que la confirmation arrive du laboratoire, afin de contrôler la maladie suspectée. Il peut en résulter d’énormes pertes dans toute la chaîne d’approvisionnement, de l’éleveur au supermarché, et finalement pour le consommateur.

Marché de l’assurance du bétail

Il n’y a que peu d’assureurs qui soient disposés à couvrir la grippe aviaire globalement, et compte tenu des épidémies récentes, l’appétit du marché diminue rapidement au niveau mondial.

Lorsqu’on regarde des catégories techniques d’activité telles que la mortalité du bétail, il est essentiel de savoir comment la police d’assurance répondra et quels coûts seront couverts.

La couverture typique sur le marché de Londres concerne :

  • la perte de revenu (interruption d’activité suite à un ordre d’abattage donné par le gouvernement) ;
  • les frais de nettoyage secondaire (qui peuvent être importants selon les réglementations locales) ;
  • l’augmentation des coûts du travail.

Outre les paiements directs pour perte de revenu suite à l’infection du bétail, il faut également envisager d’autres couvertures pour les secteurs associés, afin de les protéger contre les perturbations dans l’approvisionnement ou les restrictions d’accès à proximité d’une épidémie (zones de restriction).

La couverture évolue constamment pour répondre aux besoins des clients, aussi bien au niveau de l’élevage que de la chaîne d’approvisionnement.


 

Le blogueur Dan Fairweather, basé à Londres, est Directeur pour les secteurs Bétail, Aquaculture et Pêche chez Willis Towers Watson. Dan est diplômé en zoologie de l’Université de Nottingham et a rejoint le secteur des assurances en 2000 en tant que courtier spécialiste des sinistres de l’aquaculture. Il a rejoint Willis en 2012 pour diriger la division Aquaculture, puis a pris en charge la direction de la division Bétail de la société.

Categories: Agroalimentaire, Français | Tags: , , ,

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