Un risque reste-t-il assurable s’il n’est plus aléatoire ? (1)

Les événements climatiques dramatiques qui ont touché le département des Alpes-Maritimes en octobre 2015, venant après de multiples autres exemples en France, sont l’occasion de se poser la question de l’assurabilité d’un risque, en l’occurrence climatique, dont la survenance n’est peut-être plus aussi sûrement liée à l’aléa qu’il y a seulement quelques dizaines d’années.

Si l’on se recentre sur la question de l’assurabilité d’un risque, on peut affirmer que cette notion dépend de six grandes conditions :

  • l’existence d’un aléa ;
  • l’estimation et la quantification d’une perte potentielle ;
  • la mutualisation ;
  • l’acceptabilité du risque par l’assureur;
  • la pertinence du coût de la prime d’assurance face aux coûts potentiels des sinistres à payer par l’assureur
  • la conformité à la loi et au contrat d’assurance.

L’aléa est, sans aucun doute, la pierre angulaire de toute construction de transfert financier assuranciel et donc du contrat d’assurance, même si l’intervention de l’assureur reste un facteur important : accepte-t-il d’assurer un risque ou un type de risques et, si oui, à quelles conditions ? Cela ne revient-il pas à dire, en réalité, que l’assureur peut être amené à renoncer à assurer un risque ?

L’aléa est la pierre angulaire de toute construction de transfert financier assuranciel.

les récentes inondations catastrophiques du 3 octobre 2015 nous interpellent par leur gravité, en raison bien sûr de l’intensité hors norme du phénomène climatique, de la perte de vies humaines et du montant des dégâts matériels subis par les communes et leurs habitants (estimés entre 550 et 650 millions d’euros par la FFSA), mais aussi par le degré de récurrence de ces phénomènes de plus en plus violents, fréquents et localisés dans des secteurs identifiés à risque.

Comme l’avait signalé le président de la Commission plénière des assurances de biens et de responsabilité de la FFSA, Jacques de Peretti, lors d’une interview en mars 2014 : « Plus que le nombre d’événements naturels, c’est l’importance de leur impact qui augmente avec le temps.

En 2009, la FFSA avait mené une étude sur le changement climatique concluant à un possible doublement du coût de l’indemnisation liée aux événements naturels à l’horizon 2030. »

Dans ces conditions, le facteur aléatoire dans la survenance de ces événements est fortement mis à mal.

En effet, un événement qui se produit tous les ans ou tous les 2 ans, sur les mêmes communes, ou tout du moins sur les mêmes zones géographiques, avec une sévérité croissante, peut-il encore être qualifié d’aléatoire ou de fortuit ?

 

About Arnaud Vanon

Arnaud VANON (37 ans) est ingénieur prévention – consultant Risk Management GRAS SAVOYE RISK CONSULTING. Il con…
Categories: Catastrophes Naturelles, Français, Réassurance, Règlementation | Tags: , , , ,

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *